March 18, 2017

Libre de Penser

En août dernier, j’ai utilisé mon premier chèque de paie pour m’offrir un abonnement au journal Le Devoir. Ça fait maintenant 6 mois que je le lis plus-ou-moins quotidiennement (ces jours-ci, je passe plus de temps à lire sur la situation politique aux États-Unis) et c’est un 17$ par mois très bien investi selon moi: je suis mieux informé qu’avant et je peux lire sur mon téléphone, dans mon navigateur web, et même avec un lecteur PDF.

J’avais jamais auparavant lu un journal à tous les jours. En tant qu’enfant de l’Internet, je me tenais informé principalement via Slashdot ou Reddit et en cliquant sur les histoires qui m’intéressaient—donc j’étais pas si informé que ça, car je laissais de côté les trucs qui m’intéressaient moins. J’essaie maintenant de changer mon attitude et de lire même les articles qui traitent de sujets en dehors de mes intérêts. Il y a beaucoup d’histoires mineures qui prennent que 2 ou 3 paragraphes; elles sont rapides à lire, des fois sont très intéressantes, et sont quasiment jamais sur /r/quebec. Je m’efforce de les lire plus souvent.

Le fait de lire le journal à tous les jours permet aussi de suivre des histoires qui sont en cours. Par exemple, en septembre l’ONE avait prévu tenir des journées d’audience au Palais des Congrès de Montréal. Ces audiences ont été annulées suite à l’intervention de manifestants. Quelques jours plus tard, on apprenait que deux des commissaires de l’ONE avaient rencontré Jean Charest alors qu’il lobbyait pour TransCanada, le promoteur d’Énergie Est. Le conflit d’intérêt était évident, et chaque jour on en apprenait plus sur l’histoire, jusqu’à ce que les deux commissaires fautifs se récusent. Quand on peut suivre une histoire de son début jusqu’à son dénouement, ça nous engage plus.

Le Devoir offre plusieurs types d’abonnement; j’ai choisit l’abonnement électronique, car c’était le moins dispendieux et j’avais pas envie de recevoir un journal papier tous les matins. Avec mon abonnement j’ai accès à une version complète du journal en format PDF. C’est un fac-similé de la version papier et à ma connaissance, Le Devoir est le seul journal qui offre ce produit. Même des gros noms tels que La Presse, le New York Times, ou le Washington Post n’offrent pas un PDF de leur quotidien. C’est dommage, car c’est une façon formidable de lire les nouvelles. D’une part, on voit le journal tel qu’il est supposé être vu et le contenu ne change pas d’heure en heure comme sur le site web ou l’application mobile. D’une autre part, ça évite d’avoir des tas de papiers journaux à la maison. Avec un bon lecteur PDF (je recommende zathura), on peut facilement suivre des liens, faire des recherches dans le texte, etc.

L’application mobile—j’utilise celle sur Android—est aussi très bonne. On trouve toujours en haut de la page d’accueil “Quoi surveiller aujourd’hui”, un résumé en quelques mots de 4 ou 5 événements qui risquent de faire la manchette durant la journée. On peut “swiper” pour passer de nouvelle en nouvelle. On peut bien sûr configurer la grosseur des polices, activer des alertes courriel une nouvelle d’importance est publiée, sélectionner les sujets qui nous intéressent, etc. L’application s’intègre bien avec le reste de l’environnement: je peux facilement partager un article sur Facebook ou dans Signal, si j’ouvre un lien on me demande l’application que je veux utiliser (e.g., Le Devoir pour un lien interne, ou Brave pour un lien externe). L’application garde aussi une cache de quelques articles—pratique quand on lit dans le métro. Petit inconvénient: l’application me déconnecte après deux semaines.

Finalement, l’importance du journalisme n’a jamais été plus importante qu’elle l’est maintenant. Une population informée est absolument nécessaire une démocratie saine. Les révélations sur les liens étroits entre l’administration Trump et la Russie aux États-Unis et les problèmes de collusion au Québec montrent que les gens au pouvoir testent et dépassent les limites des règles établies. Le rôle de chien de garde des média n’a jamais été aussi primordial. Pour l’équivalent d’un trop gros repas chez McDo, je peux supporter nos journalistes et faire ma part pour que les politiciens et les dirigeants d’entreprises répondent de leurs actions.